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Le Sénégal est-il une vraie démocratie?

Posté par: Tamba Danfakha| Mardi 09 février, 2016 09:02  | Consulté 4250 fois  |  0 Réactions  |   

Albert Einstein, l’un des physiciens les plus importants de l’humanité, disait qu’avant de discuter de quelque chose, il faut s’assurer d’abord que les protagonistes, ici vous et moi, ont la même compréhension de ce dont il faut discuter.
On a parlé, dans mes années de jeunesse, de démocratie bourgeoise et de démocratie prolétarienne.
On entendait, à cette époque révolue, par démocratie bourgeoise la démocratie à l’occidentale, celle de la vielle Europe et des Etats Unis d’Amérique et par démocratie prolétarienne celle des anciens pays de l’Est dont l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques ou URSS.
L’histoire a tranché et semble avoir donné, pour le moment, raison à la démocratie bourgeoise.
Sans vouloir, une fois pour toute, trancher ce débat idéologique, je voudrais vous proposer la définition suivante : la démocratie est une manière de gouverner la cité dans la paix.
Certes la liberté d’expression, d’association ou la possibilité d’une alternance politique et pacifique sont des conditions nécessaires mais ne sont pas suffisantes pour dire qu’une société est démocratique.
La raison pour laquelle, les sociétés humaines ont inventé la démocratie est à rechercher dans la necessaire garantie de la paix et de la cohésion sociale.
En regardant l’évolution des sociétés humaines, on se rend compte que celles qui s’adaptent le mieux sont celles qui se distinguent par leur cohésion interne, celles qui savent cultiver en leur ceint plus de paix et plus de tolérance.
Les sociétés démocratiques, celles qui ont fait leur preuve dan le temps, ont toutes, en commun, trois facteurs communs :
Premièrement, les tenants du pouvoir et de l’opposition se parlent, à l’assemblée nationale, dans des syndicats ou organisations patronales, dans des rencontres informelles ou dans des cadres partagés d’exercice du pouvoir.
Deuxièmement, il y a une nette séparation des pouvoirs, les députés, les juges et les ministres exercent, chacun, des prérogatives républicaines dans le respect, strict, des intérêts de la nation et des populations. On peut être partisan, mais on n’oublie pas que l’on ne sert ni un homme, ni que des intérêts partisans, on a une mission et on s’efforce de la remplir du mieux que l’on peut.
Troisièmement, le dialogue, la discussion, la concertation sont les maitres mots dans la communauté. Chacun ayant conscience qu’au delà des intérêts partisans et corporatistes, il y a l’intérêt général. Chacun est conscient que la cohésion sociale est essentielle pour que le travail créateur puisse se faire et la nation devenir plus forte dans la résolution des problèmes qui l’assaillent.
Au demeurant, la meilleure manière de juger de la vitalité d’une démocratie c’est de mesurer le niveau de connivences entre des acteurs que tout oppose.
Les tenants du pouvoir acceptent d’accorder des faveurs aux opposants non pour les corrompre mais pour ne pas les radicaliser. Les opposants évitent de se radicaliser pour éviter de perdre certains de ces faveurs.
Les syndicalistes tolèrent certains excès des employeurs non par impuissance mais pour mieux négocier, par la suite, de meilleures conditions de travail.
Bref la démocratie est une société de « nawlé, de gens avec qui on vit en paix et dans le respect ».
Au regard de ce qui précède, il apparait évident que le Sénégal n’est pas un pays démocratique et ne l’a jamais été depuis notre indépendance formelle.
La liberté d’expression n’est jamais acceptée, qu’à contre coeur ou par impuissance, par les tenants du pouvoir, s’ils peuvent faire taire ou humilier ceux qui les critiquent, ils le font sans retenue et sans aucune pitié.
Les sénégalais, du sommet à la base de la pyramide sociale, sont plus enclins à mieux s’entendre avec l’étranger qu’avec leurs propres frères ou soeurs. Nous avons, de façon générale, des existences de "fitna ou de conflits relationnels".
Cela est bien dommage, car c’est ce déficit de démocratie qui fait que notre pays continue de végéter parmi les 25 pays les plus pauvres au monde et que notre jeunesse est obligée de s’exiler pour avoir des emplois décents.
J’ose rêver d’un Sénégal plus démocratique, mais une démocratie qui n’est ni « payée », ni soutenue par les puissances étrangères, une démocratie que nous accepterons, collectivement et individuellement, de payer par plus de respect et de bienveillance les uns envers les autres et par plus de sacrifices pour l’idéal d’une communauté de destins.

 L'auteur  Tamba Danfakha
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Tamba Danfakha
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